Tout en sac
Prenez garde,
A ne jamais tourner le dos.
Derrière, quelqu’un veille.
S’il est assez large,
Juste aux mesures qu’il me faut,
Dans mon esprit toujours un sac sommeille.
Un tissu, une couleur, un aspect,
Et c’est l’illumination.
Comme une obsession.
Le bon métrage est c’est assurément un sac,
A main, besace, cabas, postier,
Multipoches, zippés et accessoirisés,
Qui de la veste ou du manteau,
Qui de la jupe ou de la robe,
Qui du pantalon,
Veillez à ce que je ne vous taille pas un short.
Même si l’habit ne fait pas le sac,
Peu importe, il reste la pochette ou l’étui.
On pourrait dire un T.O.M. (trouble obsessionnel de la maroquinerie).
Les symptômes sont apparus début 2002,
Pour se calmer avec la thérapie de la mondialisation.
Il faut bien l’avouer, le vêtement n’est plus ce qu’il était.
Nous vivons l’ère de la fripe dégradable en 180 jours chrono,
Qualité sacrifiée sur l’autel du rendement et des bas coûts,
Pour gonfler les dividendes et fonds de pension.
Tant mieux pour les cadets et les petits derniers,
Qui n’auront plus à élimer les habits de leurs aînés,
Car les marques sont atteintes par ce fameux T.O.M.,
Ou Trouble Obsessionnel de la Marge.
Avec le recyclage en filigrane,
Difficile aujourd’hui de dénicher des rescapés de l’usure.
L’affaire est moins dans le sac.
Qu’à cela ne tienne,
On n’en fera pas tout un sac,
Il reste les boutons pour les bagues, la vaisselle cassée, les objets à détourner,
Le dessin, l’écriture, un brin de maroquinerie avec les miraculés et le papier bulles.
Parce que les consommateurs ont toujours bon dos.