MARIE
A ma nièce.
Ce dimanche,
Sous nos yeux effarés,
Un génie soupçonné s’est révélé.
Larmes d’effroi mais larmes d’émoi.
Des ténèbres glaçantes, une lueur a surgi.
Sous nos yeux embués,
Le papillon s’est envolé,
Pour atteindre la sphère des poètes exaltés.
Cœur déchiré,
Corps offensé,
Ame tourmentée.
Souffrance qui t’a transcendée,
Révolte sublimée.
Plus forts que les vapeurs éthérées,
Ou les volutes opiacées,
Ou les corps à corps enragés,
Les mots d’encre.
Mots libérateurs et purificateurs,
De ton tyran de géniteur.
De ces hommes égarés,
Dans les abîmes de leur masculinité.
De toutes tes aigreurs.
Du monde réducteur.
Egrène ta douleur,
Distille ta haine en phrases assassines,
Pour lutter contre les pensées mesquines,
Pour que surgisse la conscience rédemptrice.
Père galvaudé et torturé,
Dévoré par le feu maternel,
Père à l’amour refoulé.
Ses obsessions jusqu’à la déraison :
Prendre de la hauteur pour ne pas s’abandonner,
Se disperser pour ne pas s’attacher.
Happé par le tourbillon destructeur,
Juché sur un piédestal,
Il ne peut s’empêcher de faire mal.
Caparaçonné dans un égoïsme protecteur,
Pour lui, survivre c’est anéantir.
De cet homme réfugié dans le désamour,
Sont nées un beau jour de janvier,
Deux merveilles adorées.
Ce jour qui fête votre Mère,
Pas un hasard, mais un symbole : AMOUR !